Le domaine est né de la rencontre de deux étudiants partis sillonner les régions viticoles pour acquérir de l'expérience. Les terroirs déjà réputés étant hors de portée, ils ont étudié pendant deux ans des cartes topographiques pour trouver un lieu abordable, singulier et prometteur. Ils ont finalement choisi la commune d'Oiron.
Le terroir du domaine, à Oiron en Loire, se situe sur un éperon rocheux né de la rencontre entre le massif armoricain, avec ses schistes, et le bassin parisien, avec ses calcaires. Une forêt, perchée à 135 mètres d'altitude, en marque le point culminant, tandis que le paysage viticole exposé au sud s'étend jusqu'à l'entrée du village.
Les vignes couvrent 10 hectares et affichent des âges compris entre 5 et 50 ans. Elles s'épanouissent sur des sols argilo-siliceux dominés par des grès roussards et ferreux. Ce que la fiche ne dit pas toujours, c'est que cette mosaïque de sols donne des blancs à la fois fermes et élancés.
Sans remaniement foncier, le paysage viticole a conservé un vrai réservoir de biodiversité. Pour mémoire, Curnonsky, surnommé le prince des gastronomes, citait déjà les grands vins d'Oiron, issus du cépage Chenin, aussi appelé Pineau de la Loire.
Le domaine est certifié BIODYVIN ainsi que Vin Méthode Nature. Concrètement, en bouche, cela se traduit par un vin sans intrants, parfois avec une dose minime de SO 2 à la mise en bouteille selon les années, donc une matière plus libre et souvent plus mobile dans le verre.
Cette cuvée est issue du deuxième tri de raisins de Chenin dorés, sélectionnés fin septembre sur les 4 hectares du domaine. Céline et Benoît recherchent des maturités poussées pour construire un chenin sec capable de tenir la table comme la cave.
Les terroirs de grès apportent de la densité tout en gardant de la tension. Ce qui change vraiment, c'est la façon dont le vigneron attend la juste maturité : on obtient alors un blanc sec à la matière ample, porté par une minéralité nette et des fruits jaunes parfois plus exotiques selon le millésime.
À ce stade de maturité, je recommande de le carafer si vous l'ouvrez jeune. La bouche, onctueuse et large, gagne alors en précision et laisse mieux apparaître sa tenue dans le temps.
Les 3 Poiriers est un vin de France issu à 100 % du cépage Chenin, cultivé sur des sols de grès en bio et en biodynamie. Dans les faits, un vin sans soufre ajouté, ou presque, donne souvent une expression plus directe du fruit et une texture qui évolue dans le verre au fil du repas.
À privilégier si vous cherchez un blanc vivant, tendu et non figé. Même logique que pour la vinification sans soufre évoquée : moins d'intervention, c'est souvent plus de relief à l'ouverture.
L'éperon rocheux d'Oiron offre une singularité géologique rare : schistes du massif armoricain et calcaire du bassin parisien s'y rencontrent. Les vignes de Chenin profitent de cette double influence, qui affine la tension et allonge la finale.
Les sols argilo-siliceux à dominante de grès roussard façonnent des vins blancs denses, sans lourdeur. Ce qu'il faut regarder en premier, c'est ce lien entre grès et sensation de matière : on a du volume, puis une sortie de bouche nette.
Les vendanges se font à la main, en petites cagettes, sur les 4 hectares de Chenin du domaine. Le terroir, situé en légère altitude et à distance des zones humides, permet de récolter des raisins mûrs et sains.
Concrètement, en bouche, cette maturité naturelle donne plus de chair sans basculer dans la lourdeur. La sélection manuelle, elle, évite les jus marqués par des baies fatiguées et préserve une énergie très droite.
Le pressurage est doux et lent, puis les jus s'écoulent entièrement par gravité en barriques, sans débourbage ni pompe. Les barriques, ayant contenu de 2 à 8 vins, sont saturées en gaz carbonique avant remplissage pour protéger les jus de l'air.
Ce que la fiche ne dit pas assez, c'est l'effet très concret de ces choix : moins de brassage, c'est souvent une matière plus intacte et une bouche qui garde son grain naturel. La fermentation alcoolique peut être rapide si l'arrière-saison est chaude, ou se prolonger jusqu'au printemps, voire au début de l'été.
La fermentation malolactique devient de plus en plus courante au domaine. Elle assouplit l'acidité sans effacer l'élan du vin, ce qui compte beaucoup sur un chenin sec de cette trempe.
La cave d'élevage est régulée naturellement grâce à deux puits placés à ses extrémités. Les anciens les ont conservés pour maintenir une hygrométrie naturelle et laisser au vin de légères variations de température et d'humidité.
Dans le verre, cela compte vraiment pour la garde. Une évolution lente dans une cave vivante aide le vin à se fondre sans se durcir, avec une expression qui reste dynamique plutôt que figée.
C'est en juillet que l'ensemble des barriques est remis en masse pour préparer la mise en bouteille en septembre, avant l'arrivée de la récolte suivante.
L'harmonie des raisins issus du deuxième tri sur les 4 hectares du domaine permet à ce blanc sec de développer des arômes de fruits blancs très mûrs et de citron. Concrètement, en bouche, la salinité arrive vite, puis la matière s'étire avec une sensation crayeuse et persistante.
La texture reste onctueuse et ample, sans perdre son axe. À privilégier si vous cherchez un chenin capable d'accompagner un plat crémeux tout en gardant de l'allonge.
Les 3 Poiriers accompagne aussi bien l'apéritif qu'un fromage de chèvre ou une volaille à la crème de morilles. Je le privilégie quand il faut un blanc qui tienne la sauce sans alourdir le repas.
Sur les produits de la mer, huîtres, gambas ou aiglefin mariné fonctionnent particulièrement bien. La tension citronnée et la finale saline prolongent alors le côté iodé sans dominer le plat.