CHF27.50
Le domaine Les Terres Blanches, à Oiron en Anjou, se trouve sur un éperon rocheux né de la rencontre entre le massif armoricain, avec ses schistes, et le bassin parisien, avec son calcaire. Une forêt culmine à 135 mètres d'altitude, tandis que le versant sud déroule le paysage viticole jusqu'à l'entrée du village.
Les vignes couvrent 10 hectares et ont entre 5 et 50 ans. Elles poussent sur des sols argilo-siliceux, dominés par les grès roussards et ferreux, ce qui donne des vins à la fois ancrés et tendus.
Sans remaniement foncier, le vignoble a conservé un vrai relief de biodiversité. Ce que la fiche ne dit pas, c'est que cette continuité du paysage se ressent souvent dans des vins plus nuancés, avec une énergie de bouche très lisible.
Pour l'histoire, Curnonsky, le prince des gastronomes, citait déjà les grands vins d'Oiron et le chenin, alors appelé Pineau de la Loire. Le domaine a été audité par Ecocert et labellisé BIODYVIN et Vin Méthode Nature.
Concrètement, un vin sans intrants ou avec un ajout minime de SO 2 à la mise en bouteille garde une expression plus mobile. Selon les années et les cuvées, cela donne une bouteille qui s'ouvre peu à peu et change dans le verre.
Ce Cabernet Franc présente une robe grenat sombre, très dense, presque opaque. Dès l'ouverture, il livre un nez expressif de fruits rouges et noirs confits, de noyau de cerise, de cacao et d'épices.
Concrètement, en bouche, l'ampleur rencontre la tension. La matière est dense, veloutée, portée par une fraîcheur aromatique qui évite toute lourdeur.
La finale s'appuie sur une acidité nette, qui prolonge le vin et soutient sa garde. On retrouve ce velouté jusqu'au bout, avec une fine mâche crayeuse qui signe la bouche sans la durcir.
Ce Cabernet Franc se révèle progressivement dans le verre. À privilégier si vous cherchez un vin qui prend le temps de se déployer pendant le repas.
Les Hautes Bruyères est un Anjou rouge issu à 100 % de Cabernet Franc, sur des sols argilo-siliceux travaillés en bio et en biodynamie. À ce stade de maturité, je recommande cette cuvée si vous cherchez de la profondeur sans maquillage de cave.
Ce qu'il faut regarder en premier, c'est la cohérence entre le cépage, le sol et la conduite du domaine. Ici, les pratiques naturelles se traduisent par un fruit net, une matière vivante et un vin qui ne fige pas son expression.
Aux Terres Blanches, on travaille sans intrants chimiques, avec une fermentation respectée et un élevage patient. Cela donne une lecture plus directe du Cabernet Franc, sans effet de style qui prendrait le dessus.
Les Hautes Bruyères provient de la parcelle La Vacherie, plantée dans les années 1980 sur des argiles et des silices, avec quelques grès roussards et ferreux. Ce qui change vraiment, c'est la façon dont cette légère altitude, loin des zones humides, affine la maturité du raisin.
Concrètement, cela concentre les saveurs sans pousser le vin vers la lourdeur. Vous obtenez un Cabernet Franc plus précis, avec un fruit mûr et une trame plus nette.
Les vendanges se font à la main, en petites cagettes, sur l'hectare des Hautes Bruyères situé à La Vacherie. Ce terroir éloigné des zones humides permet à Céline et Benoît Blet de récolter des raisins mûrs et sains.
Cette maturité naturelle apporte une matière concentrée, sans dureté végétale. Le vin repose ainsi sur la qualité du raisin plutôt que sur une correction technique en cave.
Les raisins sont récoltés à belle maturité, égrappés puis mis en infusion, avec une macération d'un mois. Cette conduite extrait les jus en douceur et développe des notes de fruits noirs et de cassis, avec des tanins ronds et soyeux.
Le vin passe ensuite l'hiver en cuve au froid, puis il est soutiré au printemps avant un élevage en cuve inox jusqu'à la mise en bouteille, en septembre. Selon le millésime, un peu de soufre peut être ajouté à ce stade, autour de 2 g/hl de SO 2.
Cette vinification préserve un mouvement naturel du vin. Même logique que pour le faible ajout de soufre évoqué : une bouteille qui continue d'évoluer en cave et dans le verre.
Ce Cabernet Franc de Loire est avant tout un vin de gastronomie, qui trouve sa pleine mesure à table. Il accompagne avec justesse un apéritif dînatoire, une planche de charcuterie, un plateau de fromages ou une pièce de bœuf.
Concrètement, sa densité veloutée épouse la texture des plats, et sa fraîcheur garde le repas digeste. Je le privilégie quand il faut un rouge de caractère pour tout un dîner, de l'entrée au fromage.