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Sommaire

Cet article vous guide à travers les cépages résistants face aux maladies cryptogamiques : définition, principales variétés, résistance concrète et cadre réglementaire en France. Pour approfondir le contexte, consultez aussi la définition et la classification des cépages, avant d’aborder les hybrides interspécifiques.

Comprendre les cépages résistants aux champignons

Les cépages résistants aux maladies cryptogamiques, couramment appelés cépages PIWI, répondent à la pression fongique au vignoble. Ils sont issus de croisements classiques entre Vitis vinifera et des vignes américaines ou asiatiques porteuses de gènes de résistance.

Aucun génie génétique n’intervient dans leur création. La sélection assistée par marqueurs permet de retenir les plantules dotées des caractères recherchés, après plusieurs années d’essais en parcelles.

Vigne en rangées avec grappes noires au coucher du soleil, bouteille sur table devant un paysage viticole. cépages résistants aux maladies cryptogamiques intégré naturellement.

PIWI et maladies cryptogamiques

Le terme PIWI, abréviation allemande de Pilzwiderstandsfähige Rebsorten, désigne des variétés de vigne présentant une résistance génétique aux principales maladies fongiques.

La différence tient à l’association de plusieurs gènes de résistance, qui complique l’adaptation des pathogènes. Dans le contexte des cépages résistants en agriculture biologique, cette approche réduit fortement la dépendance aux produits phytosanitaires, sans supprimer la surveillance du vignoble.

  • Mildiou : cette maladie fongique est particulièrement dévastatrice en vignoble humide. Les PIWI en limitent fortement les dégâts grâce à des gènes hérités de vignes américaines.
  • Oïdium : ce champignon se développe par temps sec. Certaines variétés PIWI affichent une très bonne résistance à l’oïdium, voire une résistance totale.
  • Black rot : moins fréquente, cette maladie peut devenir sévère lors des saisons pluvieuses. Plusieurs cépages PIWI présentent une résistance partielle à cette infection.
  • Botrytis : cette pourriture grise touche les baies en fin de saison. Des variétés comme le Divico ou le Coloris montrent une bonne résistance à cette maladie spécifique.

La résistance n’équivaut jamais à une immunité absolue. Un printemps très pluvieux peut encore soumettre ces vignes à une forte pression fongique. Toutefois, deux à quatre traitements peuvent suffire là où un cépage traditionnel sensible en demanderait davantage.

Les programmes récents, comme ResDur2, privilégient les résistances polygéniques : deux facteurs contre le mildiou et trois contre l’oïdium. Cette combinaison rend l’adaptation des champignons pathogènes nettement plus difficile à terme.

Réduire les traitements en bio

En viticulture biologique, les maladies fongiques font partie des difficultés les plus constantes. Les cuivres et les soufres autorisés restent efficaces, mais leurs passages répétés alourdissent le calendrier de travail et leur impact sur les sols mérite attention.

Selon le millésime et le matériel végétal choisi, la réduction des traitements peut atteindre 80 %, voire 90 %.

En France, plusieurs cépages résistants autorisés dans les appellations grâce au dispositif VIFA peuvent entrer dans des assemblages d’AOP, dans la limite de 10 %. Cette intégration progressive donne aux vignerons un levier supplémentaire. Pour approfondir l’influence du lieu sur le cépage, la définition du terroir viticole éclaire les interactions entre sol, climat et pratiques humaines.

Nouvelles variétés françaises

Le programme INRAE-ResDur a introduit les premiers cépages résistants inscrits au catalogue officiel français en 2018 : Artaban, Vidoc, Floréal et Voltis. En 2024, trois nouveaux cépages résistants issus de ResDur2 ont été inscrits : Calys N, Exelys B et Artys B.

Ces variétés associent une précocité proche de celle du Chardonnay et du Merlot à des résistances polygéniques solides. INRAE précise également que les variétés résistantes au mildiou et à l'oïdium de la génération ResDur2 portent deux facteurs de résistance contre le mildiou et trois contre l’oïdium.

  • Floréal : cépage blanc aromatique aux notes de fruits exotiques, résistant au mildiou et à l’oïdium, avec une résistance partielle au black rot. Sa maturité intervient en deuxième époque.
  • Vidoc : cépage rouge corsé, riche en tanins, très résistant au mildiou et à l’oïdium. Il atteint sa maturité en deuxième époque tardive.
  • Souvignier gris : cépage hybride blanc à la texture soyeuse, marqué par des notes d’ananas et de mangue. Son potentiel de vieillissement est reconnu, comme sa bonne résistance aux maladies fongiques.
  • Regent : cépage rouge issu d’un croisement interspécifique, présent dans plusieurs vignobles européens. Il se distingue par sa robustesse face aux maladies fongiques et par ses tanins structurés.

Parmi les principaux cépages résistants blancs, le Muscaris se distingue par ses arômes intenses de muscat et de fruits exotiques, soutenus par une vivacité rafraîchissante.

La troisième génération, ResDur3, devrait aboutir à de nouvelles inscriptions dès 2025.

Cadre français et appellations

L’INAO a instauré en 2018 le dispositif des Variétés d’Intérêt à Fin d’Adaptation, ou VIFA. Il permet d’expérimenter les principaux cépages résistants dans des assemblages d’AOP pendant dix ans, sans dépasser 10 % du volume.

Le Floréal et le Vidoc sont notamment autorisés dans les AOP Côtes-du-Rhône et Côtes-du-Rhône Villages.

Foire aux questions

Quels sont les cépages résistants aux maladies cryptogamiques les plus cultivés en Europe ?

Parmi les cépages résistants aux maladies cryptogamiques les plus répandus figure le Divico, en Suisse. Ce cépage rouge, issu du croisement Gamaret × Bronner, était cultivé sur plus de 84 hectares en 2022. En France, l’Artaban et le Vidoc dominent les variétés rouges inscrites au catalogue. Du côté des blancs, le Souvignier gris et le Muscaris séduisent par leur profil aromatique généreux. Le Regent compte également parmi les variétés les plus diffusées en Europe centrale. En Suisse, la Divona, premier cépage blanc multirésistant d’Agroscope, complète ce panorama : un à trois traitements seulement sont nécessaires autour de la floraison.

Quel cépage présente la meilleure résistance à la sécheresse parmi les cépages résistants ?

Les données disponibles indiquent que le Pinot noir reste le cépage le plus résistant à la sécheresse parmi les variétés étudiées : un potentiel de −3,5 MPa et une survie possible jusqu’à environ 150 jours sans apport en eau ont été mesurés. À l’inverse, parmi les cépages résistants aux champignons, le Floréal se montre le plus sensible au stress hydrique : un potentiel de −1,8 MPa suffit à provoquer 50 % de perte de conductance hydraulique. Le Vidoc et le Voltis présentent une sensibilité intermédiaire. Dans les régions sèches, la gestion de l’enherbement et la profondeur d’enracinement restent donc essentielles pour compenser cette fragilité propre à certaines variétés PIWI.

Les vins issus de cépages PIWI sont-ils reconnus dans les appellations françaises ?

Depuis 2018, la réglementation française autorise certains cépages résistants dans les assemblages d’appellation grâce au dispositif VIFA, instauré par l’INAO. Ces variétés sont testées pendant dix ans et ne peuvent représenter que 10 % maximum de l’assemblage. Le Floréal et le Vidoc ont ainsi été intégrés aux AOP Côtes-du-Rhône et Côtes-du-Rhône Villages. La différence tient aussi à ce que le vigneron a choisi de ne pas faire : des traitements massifs, dont l’absence se lit dans la transparence du vin.

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